Interview parue dans « Ouest France » sur le tourisme à Saint-Tropez

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22 Juil 2014 Commentaires fermés sur Interview parue dans « Ouest France » sur le tourisme à Saint-Tropez

L’édition du soir / Ouest France

INTERVIEW

« Saint-Tropez est promis à un bel avenir »

RECUEILLI PAR JULIEN ESCOT

Le tourisme est le cheval de bataille du député de la 4e circonscription du Var, Jean-Michel Couve, engagé dans son cinquième mandat législatif. L’ancien maire de la cité tropézienne (1983-1989 et 1993-2008) pose son regard de spécialiste d’un secteur, dont il décrypte les mutations au fil des décennies.

 

En 2014, Saint-Tropez reste-t-il une destination touristique d’exception ?

Sans aucun doute. Cela tient à sa situation géographique, sa topographie tournée vers le nord, sa configuration avec un port qui entre dans le village… Mais si Saint-Tropez est devenu mondialement connu, on le doit à nos anciens, qui ont su préserver le village.

 

Son histoire aurait donc une réelle incidence sur sa notoriété actuelle ?

Depuis toujours, la cité a été ouverte sur le monde. Pour un simple village, c’est unique. Cela a débuté avec les rois, puis plus tard avec l’école des peintres. Un vrai engouement s’est formé autour de Saint-Tropez. Quand Maupassant, dans Bel Ami, ou Colette, écrivaient de belles choses, ça marque les esprits. Voilà le fondement de la renommée de Saint-Tropez. L’arrivée du tout Saint-Germain-des-Prés après la Seconde Guerre mondiale a déclenché une nouvelle vague : celle des artistes, du show-biz…

Aujourd’hui encore, lorsqu’on joue à la pétanque place des Lices, on pense forcément à Eddie Barclay. Sa disparition a marqué un tournant. Il avait inculqué un vrai mode de vie. Tout comme Brigitte Bardot, qui reste omniprésente.

 

La tendance actuelle du luxe à tout-va n’est-elle pas nuisible au tourisme ?

Les grandes marques sont partout désormais. Mais de tout temps, les gens viennent ici pour voir des choses hors normes. L’attrait de la fortune a toujours existé et n’a jamais empêché que Saint-Tropez conforte son image. Cela enrichit aussi ses habitants ! Les femmes des gens riches aiment avoir toutes les boutiques de luxe dans un proche périmètre, comme c’est le cas actuellement. Mais elles apprécient aussi d’acheter la petite robe à vingt euros et faire leur marché sur la place des Lices, alors…

 

Comment imaginez-vous le rayonnement futur de Saint-Tropez ?

Nous avons un tourisme trop limité à la saison estivale. Celui-là est voué à durer, cela ne fait aucun doute. Les gens viendront toujours en juillet et en août. C’est le tourisme de « cueillette », qui restera fructueux. Mais cela génère des risques de surfréquentation et des problèmes environnementaux. Notre réseau routier est trop souvent saturé car il est inadapté. Il faut surtout travailler autour d’un tourisme durable, à l’année, en valorisant tout notre territoire. Pensons culture, tourisme d’affaires, travaux sur les bateaux… Saint-Tropez est promis à un bel avenir. Mais il faut permettre à ses visiteurs de vivre leur rêve, en renforçant encore et toujours son image de marque.